Feldenkrais expliqué en 5 (courts) volumes



Vidéos : témoignages de pratiquants par le groupe Feldenkrais Savoie



Feldenkrais pour tous

Une autre conférence Ted (la 1ere est sur la page de 'définitions' de la méthode)

traduction français ci-en-bas et possible d'activer les sous titres et les demander en français sur la vidéo. 

Transcription/ traduction française de la Conférence TEDxKrakow – Jacek Paszkowski- The Feldenkrais Méthod https://www.youtube.com/watch?v=VctXJOePfs8
Je parlerai aujourd’hui de l’éducation somatique. Et je voudrais introduire aujourd’hui l’idée d’un homme Mosche Feldenkrais qui a probablement contribué le plus à cette idée d’éducation somatique dans les temps modernes ; c’est ce que je crois.

« Nous agissons conformément à notre image de Soi » Mosche Feldenkrais

Quelle idée. Quel concept.  Avez-vous déjà pensé que votre action, ce que vous faites, peut en fait dépendre de l’image de vous-même ?

Je fais avec les gens, en les accompagnant dans le processus de découverte de Soi ; un processus que nous pouvons développer, modifier dans une certaine mesure ; l’image de Soi-même.
Je guide à travers un processus de mouvement très doux.

La méthode Feldenkrais est une méthode de très petits mouvements doux où nous portons attention à nous-même. En fait, les mouvements ne sont pas la chose la plus importante dans cette méthode. Ce qui est le plus important, c’est le mouvement de l’attention qui accompagne le mouvement des partie physiques. Dans cette méthode nous apprenons de nouveaux mouvements, mais dans cette cette méthode nous apprenons aussi à changer notre capacité à agir d’une manière que fait une différence dans nos vies.

«  Nous agissons conformément à notre ’image de nous-même » Mosche Feldenkrais.
Alors, je vous lais vous dire à quoi cela ressemble pratiquement. En fait, quand j’ai été invité à m’exprimer à cette conférence, ma première réponse était non ! (oui, je vous le dit honnêtement)
Parce que c’est une méthode expériencielle ! Et c’st très difficile de parler d’expérience, si vous n’en faites pas l’expérience. J’espère donc que ce sera une belle introduction à une nouvelle expérience.
Et, en fait, je suis très heureux de vous en parler aujourd’hui :-D

Alors, à quoi ça ressemble ? 9a peut-être pratiquer individuellement ou en groupe ; et ce sont des leçons de mouvements où nous apprenons à mieux fonctionner, comment apprendre, comment fonctionner plus facilement.

Dans le cadre des groupe, l’enseignant ne montre rien. Donc, il n’y a pas de démonstration. Donc, tout le monde est libre d’explorer à leur portée, à leur rythme, et avec leur propre interprétation des mots que l’enseignant dit. Nous pouvons explorer avec toutes sortes de mouvements. Il y a des milliers de mouvements dans la méthode Feldenkrais. Ils durent généralement 1h. La leçon peut tourner par exemple, autour de : rouler d’un côté à l’autre, ou se lever, ou s’assoir, ou sauter, ou marcher, ou respirer ou la fonction de voir. Donc, n’importe laquelle de nos fonctions motrices peut être prise comme sujet de la leçon.

En le faisant depuis 10 ans, je suis encore et encore étonné et fasciné et en même temps intrigué par les effets profonds que de telles leçons de mouvements peuvent avoir sur Nous, que de tels mouvements doux peuvent avoir sur Nous.

Et l’effet de ces mouvements va bien au-delà de ce qui semblerait être un résultat normal et attendu des exercices physiques. Et ce ne sont pas des exercices physiques habituel et « normaux ». comme je l’ai dit quoi de plus important que ce mouvement, c’est le mouvement de l’attention, et non le mouvement physique lui-même Alors, quand on pense aux exercices physiques, on peut penser à une attitude comme : « plus vite, plus fort, plus haut », ou ‘pas de douleur, pas de gain » comme être la bonne attitude.
En Feldenkrais quand on attend plus de résultats (c’est ce que j’entends par ‘bonne attitude’), en Feldenkrais, on fait le contraire : on fait moins, on fait plus lentement et nous demandons constamment moins d’efforts. Et nous gagnons encore, comme par miracle dirais-je, plus.
L’une des hypothèses de base est que le changement et l’apprentissage peuvent être beaucoup plus facile que la plupart d’entre nous le prévoyons. Sinus engageons la Conscience, si la conscience est utilisée comme un outil pour cet apprentissage. Et c’est ce que nous faisons dans la méthode Feldenkrais. Nous apprenons la Conscience et nous l’apprenons par le mouvement.

Alors, comment allons-nous apprendre cette Conscience ?

Nous guidons l’attention. Il existe de nombreux outils que nous pouvons utiliser, je vais en donner quelques-uns. Si je vous demandais maintenant de faire attention à vous-même, probablement tout le monde irait ailleurs, regarder différentes parties de vous-même, de votre expérience ici et maintenant. Mais beaucoup d’entre nous, quand nous entendons des choses comme ça, nous ne savons même pas où chercher, on ne sait pas où écouter, quoi écouter, nous n’apprenons pas à nous écouter. Ainsi dans la méthode Feldenkrais, nous apprenons à nous écouter. Il y a quelques temps j’ai lu cette recherche réalisée par des chercheurs de l’Iowa, c’était une recherche sur le jeu, par exactement mais quelque chose à ce sujet. Il y avait 4 jeux de cartes, 2 bleus et 2 rouges. Ils ont demandé aux étudiants de prendre une carte à la fois et le but était de maximiser leurs gains, en prenant les cartes une par une, ils gagnaient de l’argent ou perdaient de l’argent. Et, ce qu’ils ne savaient pas est que les rouges étaient un champ de mines : les pénalités y sont plus élevées que les gains, et les bleues te donne des revenus petits mais des sanctions petites aussi. Et la question était de savoir combien de temps cela allait prendre pour que les étudiants comprennent. Il s’avère qu’après environ 50 cartes ils commencent à avoir une idée de ce qui se passe ; à environ 80 cartes ils ont déjà compris le jeu, ils ont fait des observations, des calculs, ils ont compris le jeu.

Mais ce qui est plus intéressant, c’est qu’ils étaient branchés à des machines en registrant leur réaction au stress ; et ce qui s’est passé déjà après la 10ème carte, quand ils choisissait le rouge, le corps répondait avec le stress, et aussi, il ne remarquaient pas qu’ils ont commencé à se comporter différemment : ne cherchant les cartons rouges plutôt que les cartons bleus. Donc ma question est : est-ce que cet écart de 40 ou 70 cartes, à la pleine réalisation de ce qui se passe dans ce jeu, doit être aussi grand ? Ou peut-être qu’en affinant notre conscience de Nous-même nous pouvons réduire l’écart ? donc nous devenons plus aptes à nous écouter nous-même, et à savoir ce qui se passe.

Pour revenir aux outils que nous utilisons dans la méthode Feldenkrais, nous guidons l’attention, mais nous lui donnons des dimensions très concrètes : nous écoutons le poids, les distances entre les différentes parties du corps, les longueurs, l’endroit où nous initions le mouvement, la respiration, … des choses comme ça. Alors, nous construisons des dimensions très précises, concrètes et exactes de notre expérience ici et maintenant. C’est donc quelque chose de très mesurable dans notre esprit.

L’autre chose que nous faisons pour accroitre la conscience est que nous demandons de faire moins. Pourquoi ? parce que si vous allez à la toute fin de l’amplitude du mouvement, alors nous avons tendance à suivre nos habitudes. Si on fait moins, si on reste dans le milieu de gamme, puis, encrant une sensation de facilité, que nous interprétons comme un endroit sût ; alors nous nous donnons plus de permission pour explorer plus librement et chercher plus d’option.

L’autre chose, nous demandons de ralentir. Par exemple si vous regarder une vidéo pédagogique sur le ski ou la planche à voile ou peut être que vous aimez les films d’art martiaux, quand ils montrent ces mouvements lents ; il se passe tellement de détails en très peu de temps. Si nous ne ralentissons pas notre observation, il y a tellement d’informations que nous manquons. Donc, nous avons cette option dans les téléviseurs avec laquelle nous pouvons ralentir le mouvement. Mais nous l’avons aussi dans notre cerveau, dans notre esprit, en nous-même. Malheureusement nous ne l’utilisons pas très souvent. Alors, quand on ralenti on devient de meilleurs observateurs de ce qui se passe avec Nous.

Nous demandons de faire moins, de ralentir ; nous demandons également d’exagérer notre réponse initiale. Ainsi, si vous faites plus ce que vous faites déjà, vous devenez plus conscient de la façon dont vous faites déjà ce que vous faites. Par conséquent en augmentant la réponse, en exagérant ce que nous faisons, nous devenons plus conscients de la façon dont nous faisons ce que nous faisons.
Ensuite, nous demandons de diminuer l’intensité, de travailler avec moins d’efforts. Pourquoi ? parce que si on y va très fort avec le mouvement on « n’entend pas » ou plutôt, si on diminue l’intensité, nous augmentons la sensibilité de notre système nerveux. Par exemple si vous voulez entendre quelque chose, mais qu’il y a du bruit autour : vous voulez donc calmer les choses pour mieux entendre ;   (en chuchotant : ) c’est pareil quand je chuchote vous commencez à écouter plus attentivement, n’est-ce pas ? (volume normal) c’est la même chose avec le corps : il y a tellement de bruits informatifs dans notre corps. Quand on se calme, quand on agit avec moins d’intensité, nous devenons plus sensibles, nous affinons notre système nerveux pour devenir plus conscient de ce qui se passe réellement en et avec Nous-même.

Voilà quelques-uns des outils simples que nous utilisons en Feldenkrais pour accroitre la Conscience.

Et pourquoi augmentons-nous la Conscience ?

Et bien c’est la citation la plus célèbre de Moshe Feldenkrais : «  Si vous ne savez pas ce que vous faites, vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez » ; un prise de conscience croissante prend en compte la première partie de cette citation.


Mais ensuite ne même temps nous faisons des choses pour enrichir nos comportements possibles ; nous faisons donc des variations pendant les cours de mouvements. Nous ne répétons pas, répéter est ennuyeux. Il y a certaines choses que nous pouvons utiliser pour faire des variations pendant la leçon : nous changeons de place différentes parties du corps ; nous explorons le même mouvement dans différentes configurations, différents contextes. On change d’intensité, on change de vitesse. Nous mettons également des limitations. Limitations, c’est donc comme une contrainte. Nous limitons donc certaines parties du corps, afin que nous prenions conscience des autres parties de notre corps dont nous n’étions pas conscients auparavant.


Imaginez que vous conduisez pour aller au travail tous les jours sur la même route, et il y a des travaux routiers, la route est fermée, et il faut faire le détour. Peut-être qu’il y a des signalisations, peut-être non. Peut-être que vous n’aimez pas l’idée que vous devez faire le détour, mais ce qui est sûr c’est que vous allez trouver des choses, vous apprendrez des choses que vous n’apprendriez pas si vous continuiez de la même ancienne manière. Donc, si vous empêcher certaines parties de votre corps de bouger, alors vous apprendrez peut-être autre chose sur vous-même, vous devenez conscient d’autre chose en vous-même dont vous ne seriez pas conscient si vous continuiez à suivre la même voie.
Et les variations maintiennent notre apprentissage en Vie, entretiennent la curiosité nécessaire à l’apprentissage.

Donc, ce sont certaines des choses que nous pouvons faire pour augmenter la conscience. Et, nous pouvons explorer, expérimenter, jouer à faire les choses d’une manière ou d’une autre, différemment que ce que nous faisons habituellement.

Alors, nous pouvons nous demander pourquoi faire cela ? Que retenons nous de ce type d’enseignement ? Surtout à des moments de notre histoire (Histoire* ?), dans un moment où nous avons l’habitude (l’Injonction* ?) de faire plus, plus vite, plus fort, et nous pensons que c’est la bonne façon d’approcher l’apprentissage, de mieux faire les choses. Plus c’est gros, mieux c’est, croyons-nous. Donc, dans la méthode Feldenkrais nous faisons l’inverse ; qu’est-ce que nous en retirons ?
Les premiers avantages que la plupart des gens remarqueraient probablement le plus clairement, sont, je dirais, les avantages physiques : on bouge mieux, le mouvement devient plus libre, nous nous sentons plus grand, nous respirons plus facilement. Nous améliorons la posture
Feldenkrais avait une définition très intéressante de la posture : il l’a regardé d’un point de vue très fonctionnel ; la ‘bonne’ posture était l’endroit à partir duquel vous pouvez vous déplacer dans n’importe quelle direction, de tout endroit, à tout moment avec la quantité minimale de préparation. Donc, quand vous regarder les livres d’anatomie et qu’il montre la posture verticale traverse votre tête, vos épaules, vos hanches, etc… c’est une posture… statique ! Si je veux me gratter la tête ou prendre une tasse de thé ou quoi que ce soit, je dois changer de posture. Donc, il l’a considéré d’un point de vue dynamique et fonctionnel. Et je pense que c’est une idée intéressante dans la vie en général : de pouvoir arrêter ce que nous faisons, si nous voyons que ce que nous faisons ne nous rapproche pas de là où nous voulons aller, de changer notre comportement.


Quelqu’un m’a envoyé dernièrement une définition de la folie : faire la même chose et attendre d’autres résultats. Je pense que parfois nous sommes tous fous.


Il y a d’autres effets de cette méthode. La liberté ! qu’en est-il ? La liberté de choix ? On apprend des choses, mais plus important que ça c’est que nous apprenons à faire des choses que nous savons déjà faire d’une manière nouvelle, et d’une autre manière, et d’une autre manière. Alors, nous avons la liberté e choix. Nous pouvons faire les choses de multiples différentes façons.

C’est une méthode pédagogique, on apprend à apprendre, je pense que c’est l’une des choses de base les plus importantes de la méthode. Nous apprenons à apprendre, nous devenons de meilleurs observateurs de Nous-même, nous savons modifier nos actions, et nous devenons grâce à cela de meilleurs apprenants. Et, c’est l’apprentissage qui est universel, on apprend, on expérimente pendant les cours de mouvements, mais alors, nous pouvons emmener cet apprentissage partout où nous voulons dans la Vie. Que nous voulions apprendre à jouer du piano ou le ski, ou dans les relations, ou la création d’une entreprise. Ces principes s’appliquent à tous les domaines de nos Vie.


Curiosité. Et la curiosité ?   Créativité, je voulais dire créativité. Si nous pensons à la créativité, l’une des choses est qu’elle dépend de notre capacité à être dans l’inconnu, le territoire inexploré. Et la plupart d’entre nous évitent d’être dans l’inconnu. Nous gravitons vers ce que nous connaissons.
donc, en Feldenkrais, parce que nous ne connaissons pas le résultat final ; le professeur ne nous montre pas le mouvement, l’enseignant parle seulement (PCM®)ou nous guide à travers les mains (IF®) mais il n’y a pas de démonstration. Nous ne connaissons pas le résultat final, nous passons donc beaucoup de temps dans la zone inconnue, dans le territoire inexploré. Grâce à cela, nous devenons plus à l’aise, plus confiants et nous sentons plus en sécurité dans la zone inconnue.

Nous apprenons aussi l’ouverture. Chaque fois que quelqu’un nous enseigne la bonne façon de faire les choses, il nous impose des limites. Bien sûr, nous le faisons à nous même aussi (nous imposer des limites). Une fois je me préparais à courir un marathon, il y a quelques années. Je ne suis pas marathonien, il m’a donc fallu quelques années pour me préparer. Dans les dernières semaines avant la course, j’ai décidé de courir autour d’un lac qui était long et étroit, environ 8km de long, c’était dans une forêt que je connaissais assez bien ; au bout du lac, c’est important, je me suis perdu. Pouvez-vous imaginer être perdu dans une forêt ? Je me suis dit : ok, le lac doit être sur ma gauche, alors j’y vais et je cours sur ce petit sentier au bord du lac. Et je trouve un endroit que je reconnais. Alors : je sais où je suis, simple ! alors je continue de courir, avec mes chaussures fantaisie, et mon eau dur le dos, c’était une chaude journée d’été. Et tout à coups, je vois ce garçon debout dans un arbre, 2 ou 3m au-dessus du sol, il avait environ 12ans et avait l’air d’être du coin. Il me regarde l’air de se demander pourquoi je file comme ça dans la forêt une journée ensoleillée… et moi je me dis : que fait-il ici ? Alors je lui ai demandé : bonjour ! Est-ce la fin du lac ? Il me regarde encore plus étrangement et me dit « non c’est le début » Donc, il y avait une leçon pour moi ce jour-là.

Quand nous pensons que quelqu’un nous enseigne la bonne voie, il y a certaines limites sur nous et cela inhibe aussi une enquête plus approfondie quand nous pensons que nous avons cette « bonne voie » , cela restreint aussi notre créativité.


Donc, non il n’y a pas de bonne façon de faire les choses, vous savez.

La plupart de l’apprentissage est informationnel aujourd’hui. Et nous apprenons des conférences, des livres et nous laissons d’autres personnes nous dire ce que nous devons savoir, comment nous devons interpréter les choses. Et ne vous m’éprenez pas, c’est un grand apprentissage, et nous apprenons beaucoup de cela.  Et nous ne serions tous pas là si nous n’avions pas beaucoup appris à travers ce genre de processus.

Mais l’autre type d’apprentissage, celui dont je parle, est l’apprentissage basé sur le corps, basé sur notre expérience, dans notre expérience directe à travers notre corps. Ce genre d’apprentissage, nous l’avons tous vécu étant enfants et c’est si important pour nous. Nous pouvons apprendre à être plus à l’intérieur de notre corps, nous pouvons apprendre à apprendre mieux. Et, ce que nous pouvons développer grâce à ce type d’apprentissage, et un sentiment de Soi. Un sentiment de Soi basé sur nos critère internes. Nous pouvons développer une autorité intérieure. Et je pense que c’est une chose précieuse et personne ne peut vous l’enlever.


Merci beaucoup.

 


* : 2 petits ajouts personnels de Valérie